The Love of the Brute de Samura Hiroaki
Artiste : Hiroaki SAMURA (沙村広明)
Editeur : Izumi Comics
ISBN : 4-87076-654-X
Année : 2006
Pages : 90
Format : A4
Prix : 2857 ¥
Célèbre pour son manga L’Habitant de l’Infini (Mugen no jūnin – 無限の住人), Hiroaki Samura a aussi publié entre 1998 et 2006 de nombreuses illustrations extrêmes dans divers magazines pour adultes au gré de leur disparition (Mangachrist, Tokyo H, Jun-ai Kajitsu…). Ces dernières sont réunies en 2006 dans l’ouvrage Hitodenashi no Koi (The Love of the Brute).
Sur la couverture, des jeunes filles jouent paisiblement au bord d’un lac mais cette innocence vole en éclat dès les pages suivantes. Samura propose alors 80 illustrations plus ou moins extrêmes, dont de nombreuses scènes de tortures physiques et sexuelles, avec ce graphisme soigné et réaliste qui le caractérise. S’il a déjà abordé ce thème de manière moins directe dans Bradherley no Basha et nous a déjà habitué à quelques tortures bien graphiques dans Mugen no jūnin, il pousse ici l’esthétisme de la violence à son paroxysme.
Le genre d’ouvrage difficile à aborder : à la fois dérangeant sur le fond et superbe sur la forme. Réservé à un public averti évidemment.
Extrait du post-scriptum d’Hitodenashi no Koi :
« Au final je pense qu’en regardant cet artbook et en lisant ce post-scriptum, de vrais artistes de torture se feraient la même réflexion que moi. Je ne suis désormais plus attaché à ces scènes de torture. Lorsque je regarde mes travaux avec le recul (ce volume notamment), je ne suis pas tant emballé par le sujet que par son design. […]
Par ailleurs (et ceci pourrait sonner comme une excuse), dans la vie je ne conçois pas de torturer les femmes. Je ne comprends pas ce qui peut motiver certains à les brutaliser. Pour une des scènes pour lesquelles j’ai utilisé de vrais modèles (il y en a sept au total), l’un d’eux s’est coupé légèrement la peau avec un cutter. Ceci n’arrivera plus jamais. […]
Un dernière une chose : je vous prie de ne pas montrer cet ouvrage à ceux qui ne s’intéressent pas à ce genre d’art et ceux qui ne peuvent supporter de voir les femmes blessées, torturées ou tuées même en image. Après la publication d’un livre ayant pour couverture une de mes scènes de torture, j’ai reçu une lettre critique d’une femme qui commençait par ces mots : « Il me peine que la première lettre que j’ai jamais écrite le soit dans ces circonstances … »
… je souris encore amèrement en y repensant »
Hiroaki Samura est né en 1970 dans la préfecture de Chiba. Depuis son plus jeune âge, il souhaite devenir mangaka. Avec cet objectif en tête, il entre aux Beaux-arts de Tama et y rejoint le manga club. Il fait partie de cette génération fortement influencée par Katsuhiro Otomo dont il trouve les œuvres très adultes.
Pour l’anecdote, Samura déteste la peinture à l’huile. Aussi pour son projet de fin d’étude, il paie les services d’un autre étudiant. C’est à cette époque qu’il imagine l’histoire de L’Habitant de l’Infini (Mugen no jūnin – 無限の住人) et envoie ses premiers travaux aux éditeurs. En 1993, lorsque le magazine Afternoon (Kôdansha) accepte de le publier, il arrête ses études pour se consacrer entièrement à son œuvre.
L’Habitant de l’Infini suit Manji un samuraï devenu immortel et devant tuer 1000 criminels afin d’expier ses propres crimes. Ce dernier accepte d’aider Lin, une orpheline de 16 ans qui souhaite venger la mort de ses parents tués par les membres d’une école de sabre. Ce manga qui ne devait durer que 5 tomes s’étale désormais sur plus d’une vingtaine de volumes. Sans concession sur le fond, il l’est tout autant sur la forme avec son style graphique accrocheur : mélange de crayonné et encre de chine, trait caractéristique, soucis du détails, maîtrise des corps, dynamisme des combats… En 2008, il lui consacre un artbook, Adanami Mugen no Juunin Gashuu, l’occasion de réunir en grand format les illustrations couleurs et quelques noir & blanc présents dans le manga.
Hormis L’Habitant de l’Infini, Samura publie quelques oneshots et réalise des illustrations pour des magazines et jeux vidéos.
En 2000, il participe à une anthologie en dōjinshi et met en scène sur 32 pages Morrigan de Darkstalkers dans Sakkabasu no Yoru (La nuit de la Succube).
En 2001, il s’essaie à la comédie romantique avec Ohikkoshi, une histoire en cinq chapitres se déroulant aux Beaux-arts de Tama. Publiée dans le Afternoon season zokan, hors-série trimestriel du magazine Afternoon, elle est réunie en 2002 dans le takeiteasy comics complete works: Ohikkoshi avec une courte histoire autobiographique et les péripéties tragicomiques d’une shôjo mangaka.
En 2004, il rejoint Mahiro Maeda (Last Exile, Gankutsuou, Blue Submarine 6, …) et Keita Amamiya (Iria) dans l’équipe artistique du jeu PS2 Dororo inspiré du manga d’Osamu Tezuka où il s’occupe du chara-design.
Entre 2005 et 2007, il publie les 8 chapitres de Bradherley no Basha réunis par la suite en un tome. Ce récit assez dur conte l’histoire d’orphelines adoptées par un aristocrate dans une Europe du début du 20ème siècle et vouées à un bien sombre destin. Le dessin est soigné comme à l’accoutumée et le découpage des chapitres intéressant.
En 2009, Sister Generator compile six oneshots dont notamment Emerald, une histoire se déroulant au Far West. Samura prépublie aussi Halcyon’s Lunch dont le premier volume devrait sortir en mars 2010, un trip étrange et absurde sur une jeune fille capable de manger tout et (vraiment) n’importe quoi avec ses baguettes.
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